DPE et confort d’été à Paris : éviter l’appartement bouilloire

Le DPE est indispensable, mais il ne raconte pas toute l’histoire

Le diagnostic de performance énergétique est devenu un élément incontournable dans une transaction immobilière.

Il renseigne notamment sur la consommation énergétique du logement et ses émissions de gaz à effet de serre à travers une étiquette allant de A à G.

Mais cette classification ne suffit pas à décrire l’expérience réelle d’un appartement pendant une période de forte chaleur.

Le DPE comporte également un indicateur spécifique de confort d’été, qui évalue le comportement passif du logement face aux températures élevées.

Cet indicateur prend notamment en compte :

  • l’isolation ;
  • les protections solaires ;
  • l’inertie du bâtiment ;
  • les possibilités de ventilation.

Il ne mesure toutefois pas tous les paramètres qui influencent le confort ressenti au quotidien.

La température d’une chambre en juillet dépend aussi :

  • de l’étage ;
  • de la présence d’une toiture au-dessus du logement ;
  • de l’exposition des pièces ;
  • de la taille des surfaces vitrées ;
  • du bruit extérieur lorsque les fenêtres doivent rester ouvertes ;
  • des règles de copropriété concernant une éventuelle climatisation.

Un bon DPE reste donc un indicateur essentiel, mais il ne remplace pas l’analyse physique du logement et de son environnement.

Pourquoi certains appartements parisiens deviennent invivables en été ?

Deux appartements de même surface, situés dans le même arrondissement et affichant une performance énergétique comparable peuvent présenter un confort radicalement différent pendant une vague de chaleur.

Un dernier étage sous toiture en zinc, exposé sud-ouest, avec de grandes fenêtres sans protections solaires extérieures, ne réagira pas comme un appartement traversant situé à un étage intermédiaire, protégé du soleil direct et doté de murs capables de ralentir les variations de température.

La différence n’est pas toujours visible lors d’une visite en hiver ou au printemps.

Elle apparaît après plusieurs journées à plus de 30 °C.

C’est précisément pour cette raison que le confort d’été devient un sujet immobilier : il concerne moins l’apparence du logement que son usage réel.

Un appartement ne se juge pas uniquement lorsqu’il est visité un matin de février. Il se juge aussi à 3 heures du matin, en juillet, lorsque les occupants cherchent à dormir.

Dernier étage, toiture, exposition : les premiers critères à analyser

Les derniers étages restent parmi les biens les plus recherchés à Paris.

  • davantage de lumière ;
  • des vues dégagées ;
  • plus de calme ;
  • parfois une terrasse ou un extérieur rare.

Ils ne doivent donc pas être considérés automatiquement comme des biens à risque.

En revanche, ils nécessitent une analyse plus précise.

Un appartement situé directement sous :

  • une toiture en zinc ;
  • des combles peu isolés ;
  • une toiture-terrasse fortement exposée ;
  • une verrière ;
  • une couverture ancienne sans protection adaptée ;

peut accumuler davantage de chaleur.

L’exposition doit également être étudiée pièce par pièce.

Une orientation sud peut rester un véritable atout pour la luminosité. Elle n’est pas automatiquement un défaut.

En revanche, une exposition ouest ou sud-ouest peut devenir plus sensible, notamment pour les chambres qui continuent parfois à restituer la chaleur accumulée pendant la journée au moment du coucher.

Isolation, inertie et ventilation : trois notions à ne pas confondre

L’isolation

L’isolation limite les échanges thermiques entre l’intérieur et l’extérieur.

Elle est essentielle pour réduire les pertes de chaleur en hiver et peut ralentir la pénétration de chaleur en été.

Mais elle ne suffit pas toujours.

L’inertie thermique

L’inertie correspond à la capacité des matériaux du bâtiment à absorber de la chaleur puis à ralentir les variations de température.

Certains immeubles anciens parisiens, avec leurs murs épais, peuvent ainsi amortir les pics de chaleur.

La ventilation

La ventilation joue un rôle majeur dans la récupération nocturne.

Un appartement peut limiter la montée en température pendant la journée, mais devenir inconfortable si la chaleur accumulée ne peut pas être évacuée.

Les appartements à examiner avec une attention particulière

  • les derniers étages ;
  • les duplex sous combles ;
  • les chambres sous pente ;
  • les appartements exposés ouest ou sud-ouest ;
  • les logements avec grandes baies vitrées sans protection extérieure ;
  • les ateliers ou appartements sous verrière ;
  • les biens donnant sur des cours très minérales ;
  • les appartements difficiles à ventiler la nuit ;
  • les logements où une climatisation semble nécessaire mais compliquée à installer.

Cela ne signifie pas que ces biens sont invendables ou moins qualitatifs.

La question est celle de la combinaison des caractéristiques.

Climatisation à Paris : un avantage, mais pas une solution automatique

La climatisation devient progressivement un argument de confort, notamment pour :

  • les derniers étages ;
  • les appartements familiaux ;
  • les biens fortement exposés ;
  • certains pieds-à-terre.

Mais elle ne doit pas être considérée comme une réponse universelle.

Avant d’acheter un appartement équipé, il faut vérifier :

  • le règlement de copropriété ;
  • l’autorisation éventuelle de l’assemblée générale ;
  • l’emplacement du groupe extérieur ;
  • les nuisances sonores ;
  • la conformité administrative ;
  • l’entretien de l’installation.

Le confort d’été devient un critère de valeur immobilière

Le confort d’été influence d’abord la valeur d’usage d’un appartement.

Pouvoir dormir correctement, télétravailler ou vivre agréablement pendant une période de chaleur importante devient un élément concret de qualité de vie.

Son impact sur le prix dépend évidemment de nombreux autres critères :

  • adresse ;
  • étage ;
  • plan ;
  • vue ;
  • luminosité ;
  • qualité de l’immeuble ;
  • état général ;
  • extérieur.

Il n’existe donc pas de décote automatique pour un dernier étage ou de prime systématique pour un appartement climatisé.

En revanche, une surchauffe difficile à corriger peut provoquer davantage de questions lors des visites, une négociation plus importante ou une préférence pour un bien concurrent.

Ce que doivent faire les vendeurs et les acquéreurs

Pour les vendeurs

Le confort d’été doit désormais être anticipé avant la mise en vente.

Il est utile de préparer :

  • le DPE complet ;
  • les informations sur l’isolation ;
  • les documents concernant la toiture ;
  • les références des stores et volets ;
  • les autorisations de copropriété liées à une climatisation ;
  • les procès-verbaux d’assemblée générale.

Pour les acquéreurs

Une visite immobilière doit désormais intégrer une lecture thermique du logement.

Il faut observer :

  • l’orientation des chambres ;
  • la présence de protections solaires ;
  • la température potentielle des pièces sous toiture ;
  • le bruit fenêtres ouvertes ;
  • la possibilité d’aérer la nuit ;
  • les règles de copropriété.

Le marché immobilier parisien regarde désormais aussi l’été

Le DPE a appris aux acheteurs à regarder la performance énergétique d’un logement.

La prochaine évolution concerne probablement son comportement face aux fortes chaleurs.

À Paris, certains critères longtemps secondaires prennent une nouvelle importance :

  • appartement traversant ;
  • volets extérieurs ;
  • murs épais ;
  • étage intermédiaire ;
  • chambres bien orientées ;
  • possibilité de rafraîchissement.

Le marché ne va pas abandonner les appartements lumineux ou les derniers étages recherchés. Mais il va progressivement mieux distinguer la lumière agréable de la chaleur subie.

Un appartement de qualité n’est plus seulement un logement performant en hiver.

C’est un logement capable de rester confortable toute l’année.

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